L’ambiance du parcage azzuri
Beaucoup de rythme dans cette première mi-temps, mais pour ne pas vous mentir, ce sera à peu près tout. Aucun tir cadré pour le Napoli, et seulement deux pour la Juventus. Schéma habituel : la vieille dame monopolise le ballon face à un Napoli bien regroupé derrière, guettant la moindre occasion pour poignarder son adversaire. La première occasion franche sera cependant à mettre à l’actif des bianconeri, Pirlo, en fixation proche du poteau de corner, délivre, d’un coup de patte, un ballon dans le petit rectangle mais tout le monde passe au travers. Les deux équipes se jaugent tactiquement, et les espaces se font rares. Lichtsteiner essayera bien d’alerter Borriello, mais ce dernier croisera trop sa tête pour inquiéter De Sanctis. C’est bien là tout le mal des bianconeri dans ce premier acte, ils monopolisent le ballon, mais pèchent à l’approche du but, Vucinic se montrant dans un mauvais numéro de soliste, pendant que Borriello… fait du Borriello. Alors on se tourne forcément du côté du Napoli, mais pas grand chose à déclarer non plus. L’équipe recule et voit ses tentatives de contres, tuées dans l’oeuf par un Vidal au four et au moulin. N’imputons tout de même pas la fébrilité des napolitains à la performance du chilien, des ballons intéressants, Hamsik en a eu, mais que ce soit sur un une-deux dans la surface ou sur le déclenchement de ses frappes, le slovaque s’est toujours montré trop lent dans l’exécution. Ajoutez à ça la sortie de Maggio, peut être trop juste après sa récente blessure, et on commence à penser que le salut des hommes de Mazzarri ne pourra passer que sur un exploit individuel. Quinze minutes encore à jouer, quinze longues minutes au cours desquelles Pirlo va entamer un “mano à mano” avec De Sanctis sur coup franc, mais à chaque fois le portier napolitain se montrera vigilant. Entre temps Lavezzi tentera lui aussi sa chance dans cet exercice avec beaucoup moins de réussite. Monsieur Orsato renvoie les vingt-deux acteurs aux vestiaires après une première mi-temps qui a rarement eu son pareil en terme d’animation offensive.
On prend les mêmes et on recommence pour lancer cette seconde mi-temps, toujours Pirlo à la baguette mais c’est cette fois-ci Campagnaro qui, d’une déviation de la tête, manque de tromper son propre gardien. La Juventus insiste dans cet exercice, et elle fait bien : à la 52éme minute, Pirlo expédie le ballon dans la boîte, cafouillage dans la surface, Vucinic frappe et c’est Bonucci, sur la trajectoire, qui dévie le ballon dans les filets de De Sanctis. C’est très laid mais ça compte, de toute façon venant de Bonucci les juventini s’en contenteront. C’est l’heure du coaching pour Mazzari qui sort Inler et lance le sosie de Jude Law, Goran Pandev, bourreau des bianconeri à l’aller (il avait réalisé un doublé ndlr). Ce but encaissé va avoir, pendant quelques minutes, le mérite de réveiller des partenopei jusque là un peu absents des débats. Pandev se montre disponible entre les lignes et c’est tout le bloc napolitain qui remonte d’un cran. Malheureusement, face à un mur bianconero très concentré, la tactique ambitieuse de Mazzarri fait choux blanc. Conte répondra quelques instant plus tard en faisant entrer Caceres à la place d’un Lichtsteiner très émoussé. Rassuré défensivement il poursuivra ses changements en sortant Borriello, pour lequel les mots peuvent parfois manquer pour apprécier ses prestations, pour un ancien napolitain : Quagliarella. Hamsik imite Borriello quelques instants plus tard (dans un sens comme dans l’autre) et laisse sa place à Dzemaili, qui tentera d’apporter un peu de fluidité au jeu du Napoli. Nous sommes à vingt minutes du terme et ce seront quasiment les derniers éléments à mentionner à l’actif des napolitains. En effet, la Juventus va appuyer sur l’accélarateur, à l’image d’un Marchisio retrouvé aujourd’hui, le milieu de terrain de la vieille dame remontre à grandes enjambées le terrain avant de servir parfaitement Vidal sur la gauche ; “combo” de passements de jambes du chilien, Campagnaro aux fraises et frappe du gauche dans la lunette : le break est fait et cette fois-ci de bien belle manière.
Pas la moindre réaction côté partenopeo, pis même, le milieu de terrain fait office de “no man’s land“, un véritable gruyère où les hommes de Conte s’enfoncent allègrement. Traduction de cette domination par un bon nombre de frappes qui trouveront, pour la plupart, les gants d’un De Sanctis décidément bien seul ce soir. Au lieu de bétonner, Conte choisira une nouvelle fois l’offensive, la meilleure défense étant l’attaque, Del Piero remplace donc un Vucinic en demi-teinte aujourd’hui. On ne s’éloigne pas trop du capitaine de la Juventus, car sur son premier ballon il donne le tournis à la défense napolitaine avant de décaler Quagliarella qui, d’un tir puissant, ajuste le portier adverse. Coaching payant et rencontre pliée. Soirée cauchemardesque pour Mazzarri et cela ne s’arrête pas là : aux prises avec Chiellini, Zuniga assène un vilain coup de coude au visage du défenseur bianconero (qui n’en avait pas besoin), carton rouge et fin de match à dix pour le Napoli.
Del Piero jouera une dernière fois au funambule dans la défense adverse avant que Monsieur Orsato siffle la fin d’un calvaire pour un Napoli bien loin de son niveau ce soir. La Juventus se replace à deux points seulement du Milan Ac et relance la course au scudetto. Mazzarri lui, devra très vite re-mobiliser ses troupes pour les prochaines échéances s’il ne veut pas tirer un trait sur cette troisième place synonyme de qualification en Champion’s League.
LA FEUILLE DE MATCH DE JUVENTUS-NAPOLI
JUVENTUS-NAPOLI : 3-0 (0-0)
BUTEURS : Bonucci (52′), Vidal (75’), Quagliarella (83’)
JUVENTUS (3-5-2) : Buffon; Barzagli, Bonucci, Chiellini; Lichtsteiner (66′ Caceres), Vidal, Pirlo, Marchisio, De Ceglie; Borriello (70′ Quagliarella), Vucinic (81′ Del Piero). (Storari, Pepe, Giaccherini, Matri). Entr : Conte.
NAPOLI (3-4-1-2) : De Sanctis; Campagnaro, Cannavaro, Aronica; Maggio (25′ Dossena), Gargano, Inler (61′ Pandev), Zuniga; Hamsik (71′ Dzemaili); Cavani, Lavezzi. (Rosati, Fernandez, Britos, Vargas). Entr : Mazzarri.
ARBITRE: Orsato
AVERTIS : Lichtsteiner, Vidal, De Ceglie, Gargano, Cannavaro, Marchisio
EXPULSION : Zuniga (85′)
Prochain match: Samedi 7 Avril à 20h45 au Stadio Olimpico face à la Lazio.